J’ai déjà parlé de GOSICK à l’époque où je me tenais à ma régle de « l’article de la semaine ». Je vous disais que la série m’avait beaucoup plu, malgré certaines failles conséquentes, qui, je le pense, sont peut-être lié à l’adaptation animée, et peut-être, éventuellement, c’est une hypothèse, sans certitude, à un membre de son staff.
J’aurais aimé approfondir mon expérience en m’intéressant au support d’origine, mais seuls deux volumes du roman de base sont traduit par Tokyopop, et sont d’ailleurs introuvables à un prix décent. N’ayant pas les moyens sur le moment pour me procurer les mangas (qui ne sont pas, de toutes façons, le support d’origine), édités par Soleil. Afin de vaincre ce vide qui nous emplit, après chaque série marquante achevée, je me suis mis à m’intéresser à l’univers de Conan Doyle. Vingt minutes plus tard, Une étude en rouge (A study in Scarlet) était commandé. Dans la hâte, j’ai même pris par erreur la traduction française au lieu de l’œuvre originale -_-. Bref, voilà ce qui m’a conduit à lire ce bouquin et voici les différentes choses qui, à la lecture de celui-ci m’ont paru très proches d’éléments de GOSICK. Bon, j’arrête de palabrer.
- Je vous disais que l’élément le plus réussi dans GOSICK, en dehors de l’excellent personnage de Victorique, était sa relation avec Kujô : celui-ci est intrigué par la blonde, celle-ci se sert de lui comme d’un jouet avant de s’en amouracher.
La relation entre Sherlock et le docteur Watson montre déjà quelques similitudes : Watson, n’ayant rien à faire de ses journées ne quitte que peu souvent son appartement - partagé avec Sherlock - du 221B Baker Street et passe la plupart de son temps à observer son collocataire et à émettre de nombreuses hypothèses, notamment sur son métier. - Son métier, justement, est assez particulier et Sherlock le sait bien, quand il le dévoile au docteur Watson, il suppose même « être son seul adepte au monde » (p21, Librio), il est « détective consultant », autrement dit : les détectives qui ne trouvent pas de solutions à leurs enquêtes lui demandent conseil…
Et bingo, c’est exactement ce que fait Victorique : Grévil, détective, l’oblige à résoudre les enquêtes périlleuses auxquelles il ne trouve pas de solution, et généralement, tout comme Sherlock, celle-ci solutionne tout en deux coups de cuillère à pot. Dans GOSICK, Grévil récupère tous les hommages, ce qui exaspère Kujô au plus haut point, tandis que Victorique semble y être indifférente. Dans A study in Scarlet, les hommages vont à Gregson et Lestrade, deux détectives de Scotland Yard. Là encore, Watson est frustré, tandis que Sherlock s’en amuse.
- La mise en scène des énigmes est également similaire : dans GOSICK, on ne nous informe pas des pensées de Victorique et on nage dans un certain flou sur l’avancement de l’enquête, nombre d’indices nous sont visibles malgré tout. Victorique détient le fil rouge de l’enquête et nous le révélera que quand tous les indices seront en place. C’est également le cas de Sherlock Holmes, le titre d’Une étude en Rouge est d’ailleurs assez évocateur sur ce point, à mesure que l’histoire des mormons nous est révélée, on peut se faire une idée plus claire de ce qui a amené Sherlock à trouver le coupable, tandis que Victorique nous narrait plusieurs backgrounds des différentes enquêtes auxquelles elle était mélée.
- La situation sociale de nos deux compères est également assez similaire d’un côté come de l’autre : GOSICK nous conte la romance entre le shinigami noir et le loup gris, entités pleines de légendes et inspirant une crainte certaine, qui rend les deux jeunes assez esseulés. Le docteur Watson est un médecin militaire à la retraite (on note un rapport avec l’armée commun à Kujô et à Watson comme lien mineur, ou c’est foireux ?), il vit de sa pension et sa santé fragile ne lui permet pas de s’aventurer trop souvent ou trop longtemps à l’extérieur. Sherlock, quant à lui, n’est pas une princesse prisonnière de sa tour, mais son caractère un peu moqueur, notamment vis à vis des autres détectives montrent que son lien social avec l’extérieur existe parce que ces détectives ont besoin de lui et non parce qu’il sympathise avec eux…
Bon, je ne vais pas en dire plus, ces ressemblances m’ont fait tiquer, mais je n’ai, après tout, lu qu’un bouquin pour l’instant. Je reviendrai sur cet article en temps voulu (quand j’aurai lu les autres bouquins du Sir, ou quand j’aurai attaqué le manga ou…), s’il y a des choses à compléter ou à réctifier.
On peut tout de même dire qu’il apparait évident que Sakuraba Kazuki se soit inspiré de Conan Doyle ou du moins que GOSICK a été influencé par ce classique. Je vous conseille ces deux œuvres, et si vous n’aimez pas ce genre, allez au moins écouter l’OST de GOSICK, elle en vaut la peine. Je vous laisse d’ailleurs avec le second ending de GOSICK, interprété par Komine Lisa.


Comparaison intéressante, je n’avais moi-même pas tilté sur tous ces points communs @_@ C’est grave docteur ?